Les américains sont-ils imbattables au poker ?

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table poker americain Force est des constater que les championnats du monde de poker (WSOP) sont largement dominés par les Américains. Ont-ils un style bien particulier qui les rend imbattables ? Un grand champion français comme Elky n’aurait-il donc vraiment aucune chance face à un Phil Ivey ? Ou n’est-ce pas tout simplement une question de nombre ?

Parce qu’ils jouent depuis longtemps

Popularité du jeu

Histoire du pokerMême si les français ont inventé ce jeu, il a été largement diffusé aux USA. D’abord sur le Mississippi puis dans les tranchées lors de la guerre de sécession, c’est au milieu du 20ème siècle qu’il prend de l’ampleur. Il se démocratise sous la forme du stud (7 cartes distribuées par joueur).

Le poker voit de nouvelles variantes naître jusqu’au Hold’em No Limit qui connait un engouement très fort. Il écrira ses premières lettres de noblesse avec le lancement des championnats du monde en 1970. A cette époque, les terreurs du jeu sont américaines et ne sont que 7. Doyle Brunson est la plus connue de celles-ci.

Aujourd’hui, c’est aux USA que le poker est le plus répandu. Pour en savoir plus, consultez notre article sur l’histoire du poker.

Les inventeurs du poker en ligne

Les premiers sites ont vu le jour à la fin des années 90, tous américains. En 1998, Planet Poker (qui a fermé en 2006 pour respecter le Unlawful Internet Gambling Enforcement Act*) a été la première room à permettre de jouer pour de l’argent réel. En 1999, c’est Paradise Poker qui ouvrait ses portes pour palier aux problèmes techniques rencontrés par son prédécesseur.

Quelques années plus tard, Party Poker (qui est longtemps resté leader du marché) puis Pokerstars voyaient le jour. Le boom avait lieu en 2003 quand Chris Moneymaker remportait la main event des World Series Of Poker (10.000 $ de buy-in) après s’être qualifié pour 30 $. Même si Pokerstars jouit d’une forte résonance américaine, le siège se situe sur l’Ile de Man et son fondateur (un ancien programmeur senior chez IBM) est israélo-canadien.

Aujourd’hui, les USA sont le plus gros marché mondial sur internet.

* loi mise en place par G.Bush pour contrôler les flux d’argent

Le style américain, un mythe

move pokerLe jeu évolue sans cesse. L’arrivée de nouveaux joueurs amène de nouvelles visions. Ceux de « l’ancienne école », plus conservateurs, laissent progressivement la place aux « young guns » venus d’Internet proposant un jeu nettement plus agressif.

A l’exception de certains pays dont le marché est cloisonné (France, Espagne, Italie), le poker est mondial. Heureusement pour eux, il existe de nombreux sites de jeu (Full Tilt, Ladbrokes, Bet365) mais aussi des forums de discussion pour ne pas prendre de retard.

Les évolutions du jeu et les styles d’attaques sont ainsi connus de tous. Par exemple, le fait d’attaquer depuis la position UTG, synonyme de force auparavant est devenu aujourd’hui une technique de vol et cela a encore le temps de changer.

Ces modes sont d’ailleurs révélatrices et permettent de cerner facilement son adversaire, d’où la nécessité de sans-cesse aller de l’avant. Se contenter de payer  en fin de parole quand personne n’a ouvert le pot, se coucher systématiquement sur un 3Bet (être relancé après avoir soi même relancé) son des signes d’une époque révolue par exemple.

Les américains ne sont donc pas les seuls à faire évoluer ce jeu. Comme ailleurs, la plupart de ses joueurs stagnent tandis que d’autres, plus professionnels, veillent en permanence leur domaine et jouent aussi souvent les-uns contre les autres en ligne comme en live. Phil Galfond un un très bon exemple. Il est le fondateur de Run It Once, site dédié au coaching dont le brainstorming et les échanges sont constants.

Certains pays ont malgré tout des natures identifiables, mais ce ne sont que des tendances :

  • L’Irlandais est très joueur
  • Le nordique est très agressif
  • etc.

Le nombre fait la force

Le main event des WSOP est le tournoi le plus important de l’année. Au championnat du monde 2014, le nombre de participants était de 6.683 dont les deux tiers en provenance des USA. En tout, 86 nationalités ont disputé ce tournoi.

Dans le tableau ci-dessous, nous avons analysé à la fin du Jour 3 (sur 8) le nombre de qualifiés par pays en fonction du nombre de ses représentants au départ.

Pour info : le Jour 3 correspond à la plus grosse journée. A la fin de celle-ci, tous les qualifiés disputeront la bulle, synonyme de place payée. En 2014, à la fin du Jour 3, il restait 746 joueurs (pour 693 ITM).

Les allemands, malgré une 9ème place, classent 17 joueurs avec 22% de réussites. C’est le meilleur résultat parmi les grandes nations du poker. Les français sont 26èmes avec 10%. Les USA terminent 24èmes de ce classement avec 528 joueurs au départ du Jour 4.

# Pays Participants
Main Event 2014
Qualifiés
pour le Jour 4
Pourcentage
1 Roumanie 5 2 40
2 Lettonie 5 2 40
3 Grèce 5 2 40
4 Inde 6 2 33
5 Hong Kong 6 2 33
6 Danemark 13 4 31
7 Israel 19 5 26
8 Norvège 26 6 23
9 Allemagne 76 17 22
10 Belgique 5 1 20
11 Lituanie 5 1 20
12 Suède 32 6 19
13 Afrique du Sud 6 1 17
14 Italie 50 8 16
15 Venezuela 7 1 14
16 Rep.Tchèque 7 1 14
17 Japon 28 4 14
18 Autriche 28 4 14
19 Hollande 36 5 14
20 Irlande 45 6 13
24 USA 4975 526 10

Le tableau suivant correspond aux statistiques des demi-finales. Il représente le coef de performance des pays qui ont réussi à placer au moins un joueur au Jour 7 de l’épreuve, c’est-à-dire dans les 27 derniers survivants de la compétition.

# Pays Participants
Main Event 2014
% / Total Nombre de demi-finalistes % / 27 Coef de performance
1 Hollande 36 0,5 2 7 13,8
2 Mexique 24 0,4 1 4 10,3
3 Norvège 26 0,4 1 4 9,5
4 Autriche 28 0,4 1 4 8,8
5 Suède 32 0,5 1 4 7,7
6 Espagne 50 0,7 1 4 5,0
7 Brésil 79 1,2 1 4 3,1
8 Russie 90 1,3 1 4 2,8
9 France 120 1,8 1 4 2,1
10 UK 333 5,0 2 7 1,5
11 USA 4975 74,4 15 56 0,7

Là encore, on s’aperçoit que globalement, plus vous avez de joueurs au départ, plus vous avez des chances de les voir aller au bout. Si l’on regarde de plus près, on voit que malgré leur gros contingent, les USA n’ont pas écrasé la compétition.

Depuis 10 ans (entre 2004 et 2013), il y a eu 6 champions du monde américainq, 1 australien, 1 norvégien, 1 canadien et 1 allemand, avec des ratios de participation sensiblement identiques à cette édition 2014.

Sur tous les Main Event depuis leur création en 1970, on compte 39 vainqueurs US (sur 44 main event), une tendance qui tend donc à s’inverser depuis les dernières années.

Cette analyse tend à montrer que le nombre est un avantage. Toutefois, le niveau des US a globalement tendance à être inférieur aux autres nations. On le constate d’ailleurs avec un nombre plus important de représentants étrangers en table finale.

Le reste du monde existe

Les compétitions internationales

Il existe certaines compétitions rassemblant les entités continentales. Depuis longtemps, la rivalité Europe – USA s’est toujours illustrée dans les médias et autour des tables de manière amicale mais bien entretenue. Par conséquent, ces évènements spéciaux ont été organisés :

Ceasars Cup : ce tournoi s’est tenu en marge des WSOP Europe (2009 et 2011) et a mis en compétition une équipe représentant l’Europe et L’Amérique. Pour la première fois en 2013, l’Asie s’est jointe à la compétition à l’occasion des WSOP Asia Pacific 2013.

  • 2009 -Victoire du Team Europe 4 à 1
  • 2011 – L’Amérique prenait sa revanche 3 à 1
  • 2013 – Victoire du Team Europe devant l’Asie et l’Amérique (vidéo ci-dessous)

Nations Cup : L’Interntional Federation of Poker, dont la France fait partie des membres fondateurs ( via la Fédération Française des Joueurs de Poker), a créé cette compétition par équipe après une série qualificative. Chaque joueur de chaque équipe disputait un SNG. Des points étaient attribués. En fonction des points, le stack de départ de la finale était différent pour chaque nation. Lors de cette finale, deux changements par équipe était autorisés.

Au final, les Amériques placent une seule équipe sur le podium. Voici les résultats  :

  1. Allemagne
  2. Brésil
  3. France

A équipes égales (en nombre de joueurs) on voit que le Team USA est loin de gagner à tous les coups.

Les circuits Européens

EPT : L’European Poker Tour est un circuit composé d’étapes dont le buy-in est de 5.000€ voire plus pour la finale (10.000 €). Comparée à un buy-in de 10.000 $, la différence n’est pas si éloignée et le niveau plus relevé. Le constat est pourtant bien opposé aux WSOP et son main event puisque la plupart des vainqueurs (99 en tout après 10 saisons) sont principalement européens. Seulement 12 succès ont été l’œuvre d’un américain.

WSOP Europe : bien qu’organisées en Europe, ces WSOP E attirent beaucoup de joueurs en provenance du nouveau continent (dont les canadiens). Les Européens ont tout de même un léger avantage du nombre. Le constat est le suivant :

  • Le vieux continent a remporté 21 titres
  • L’Amérique (USA + Canada) a remporté 13 titres
  • L’Asie en a remporté 3

 Conclusion

Les USA ont démocratisé et fait évoluer ce jeux. Ils sont aussi les précurseurs du poker sur internet. Pour autant, avoir la nationalité américaine ne veut plus rien dire. Si on peut parler d’un style américain au Basket, ce n’est plus réellement le cas ici : tout le monde est au même niveau pour peu que l’on suive l’actualité et joue en ligne. Le talent parfois ne s’explique pas, mais il est souvent lié à l’expérience et à la connaissance des adversaires.

Comme partout, à niveau sensiblement égal, seul le nombre fait la force. L’Europe en tire cependant plus profit car sur l’ensemble de ses joueurs, ils sont plus nombreux à avoir un niveau supérieur.

Le jeu de beaucoup d’américains – en dehors des pros – est critiqué. Ils sont nombreux à jouer en ligne mais la majeure partie se contente de pratiquer près de chez eux dans des casinos locaux toute l’année et ont du mal à faire évoluer leurs techniques. Les européens en profitent largement quand ils se déplacent l’été à Las Vegas pour les affronter !

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Jérôme

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